Trois auteurs : F. Vouga, H. Hofer et A. Jantet ont écrit dans  le livre Dieu sans religion :[1] «Les Églises ont peur de la sécularisation. Or nous pensons qu’elles devraient avoir plutôt peur de la religion ».L’Évangile en effet apparaît comme une transcendance qui libère de la religion. Pour ces auteurs,  le Règne de Dieu dont parle Jésus n’a rien à voir avec le monde sacré de la pureté rituelle, des sacrifices, des temples, ou des prêtres. Les tablées auxquelles Jésus participe sont celles de l’Église dans lesquelles Dieu se révèle en sécularisant sa transcendance. Dieu en effet se révèle sans religion. Les auteurs adoptent une démarche révolutionnaire des paraboles, démarche résolument loin des commentaires habituels entendus dans les temples et dans les Églises. Chacun des 150 petits chapitres de 2 ou 3 pages se termine par la question suivante : « quelle serait l’Église de Jésus Christ ». Son Église est constituée par tous les invités que sont les estropiés, les malheureux, les étrangers, les collecteurs d’impôts, les pécheurs, et nous-mêmes peut-être. Le Royaume que Jésus annonce et met en œuvre n’a rien d’une utopie, d’un idéal politique ou clérical. Il est partage, accueil, échange, annonce de la présence réelle sécularisée de la transcendance.

Le renouveau de l’Église s’annonce donc dans la démultiplication de ces nombreuses rencontres que l’on voit vivre où se partage l’annonce de l’Évangile dans les cercles qui se réunissent par exemple dans les Réseaux des Parvis, dans les petites paroisses sans pasteurs, où encore dans les associations composées de chrétiens catholiques qui se réunissant hors des murs de leur institution cléricale. « Le poète de Nazareth accueillait les collecteurs d’impôts et les pécheurs. Une pratique de la table signifiait l’universalité et la singularité pour chacun, de la reconnaissance » Au nom de la transcendance révélée à Pâques, l’ensemble de l’humanité est invitée à partager la même découverte du tout-autre qui se manifeste dans le banal quotidien du vécu partagé de l’humanité.

 

[1] F. Vouga, H. Hofer et A. Jantet, Dieu sans religion, Labor et Fides, 2016

EVANGILE & LIBERTE Grenoble

 

 

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S
Oui il faut libérer Dieu de la religion, il faut aussi libérer l’église de la religion… La religion au sens “cultuel”. La religion peut fonctionner en effet comme une addiction. Baudelaire écrivait : « Il faut être toujours ivre. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s’enivrer sans trêve. De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous ! » Il pourrait aurait pu ajouter « enivre-vous de religion ! ».<br /> <br /> La religion il faut donc en user mais “avec modération”. L’exemple est Jésus, qui fréquentait le Temple et les synagogues, qui se retirait au désert ou dans la montagne pour y prier. Mais l’essentiel de son action était ailleurs : l’annonce d’un monde sans exclus, et des actions concrètes pour aider les personnes…<br /> <br /> A signaler qu’il y a un livre qui a ce même titre « Dieu sans religion », écrit par un grenoblois, Thierry Vincent, (PUG 2016)
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