Curiosité

Par curiosité, Raymond était venu au culte qui se déroulait dans ma petite paroisse. A la sortie je l'ai salué et lui ai demandé si je pouvais lui rendre vivite pour savoir ce qu'il pensait de ce culte. Il a accepté et à cette occasion, Raymond qui tutoie tout le monde m'a dit «  je n'ai rien compris à ce que tu appelles confession des péchés et promesses de grâce et pardon. Je ne reviendrai pas à un de ces cultes.» Raymond avait tout à fait raison. Des grands théologiens comme Laurent Gagnebin confirment qu'il conviendrait de supprimer ce triptyque.

Qui a peur de l'enfer ?

Le déroulement d'un culte commence en général après quelques parole d'accueil, par le rappel de la loi, la confession des péchés, l'annonce du pardon. C'est un héritage du seizième siècle qui croyait encore que l'enfer existait. Mais qui de nos jours a peur de l'enfer ? Ce qui pèse sur nos contemporains est la culpabilité car aujourd'hui l’individu doit gérer sa vie comme une mini entreprise. Il faut maintenant devenir autonome, et être capable de s’adapter sans cesse aux évolutions imposées par la mondialisation, prendre constamment sur soi. Chacun est responsable, et doit se faire par soi-même, satisfaire au culte de la performance dit Ehrenberg. Si c'est l'échec, si je ne parviens pas à devenir conforme à l'image que je devrais donner à voir, je me sens coupable.

Culpabilité ?

En ce qui concerne la culpabilité, les psy dont c'est le métier, sont plus efficaces qu'un culte. Jésus ne commençait pas ses entretiens par un appel à la repentance. Bien au contraire. Il avait l'attitude d'un psychanalyste dit Françoise Dolto, car par sa parole et son empathie il amenait les malheureux qui cherchaient son secours, à comprendre que l'image négative que le public leur renvoyait d'eux-mêmes, n'était pas leur véritable identité comme ils le pensaient à cause de leur infirmité ou de leur désastreuse situation sociale. Il leur faisait comprendre que leur être véritable, caché au plus profond, devait s'affirmer. Ils prenaient conscience de l'appel qui leur était adressé de devenir enfin eux mêmes. Il terminait l'entretien par ces mots : « vas, ta foi t'a sauvé ».

 

Redevenir soi-même par le culte

Par la suite, on pourrait apprendre au culte comment ne plus obéir aux exigences du néo libéralisme et ne plus croire possible de prendre la place de dieu pour tenter de satisfaire au culte de la performance, en croyant que la personne que l'on est, doit correspondre au masque que la société vous fait croire que c'est votre véritable identité. Le masque de la personne est le résultat des identifications successives que l'individu vit au cours de ses rencontres pour s''insérer dans la société. Ce n'est pas toujours sa véritable identité.

 

 

Obéissance ou amour ?

Si un petit enfant est aimé, il puise dans le regard affectueux de sa mère la force de s'affirmer, d'exister et non de seulement survivre. La tradition juive était centrée sur l'obéissance à la loi. C'est ce à quoi tenait plus que tout les pharisiens, les docteurs de la loi à l'époque de Jésus. Jésus annonce l'amour infini de Dieu envers tous ceux qui font confiance à sa parole. C'est donc par cette annonce que devrait commencer le culte. Dans ce cas Raymond oserait y revenir.

H.L.


 


 

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J
Je partage l'interrogation : faut-il commencer le culte par un appel à la repentance ? Dit comme cela, c'est évidemment problématique.
Néanmoins, je serais plus nuancée...
D'abord, on ne lie plus confession du péché promesse de grâce et pardon à l'idée de l'enfer. Il y a des textes de confession du péché qui permettent simplement de revenir sur nos comportements, nos priorités, et l'annonce de la grâce nous donne l'élan pour avancer malgré nos faiblesses en étant assurés que nous sommes aimés tels que nous sommes. Dans le culte, il me semble que ce temps de retour sur soi, d'apaisement est bienvenu avant l'écoute de la parole.
C'est peut-être le ton utilisé et les textes choisis qui peuvent changer la perception. La disposition de la salle peut avoir également une influence : en rang d'oignons le discours est perçu comme asséné, imposé, en cercle, on a le sentiment d'un partage.
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