La laïcité, ça repose Dieu (M.C. Bernard)

 La laïcité, ça repose Dieu (M.C. Bernard)De son parcours personnel présenté dans l’introduction, on peut retenir son solide ancragedans le catholicisme reçu dans sa famille et ses 22 ans passés dans une congrégation religieusecatholique,   son   niveau   universitaire   en   théologie   et   en   anthropologie   et   son   expérience   enaccompagnement spirituel. Mais c’est aussi un esprit libre qui s’est découvert, au fil du temps, unesensibilité   protestante   marquée  qui   lui   a,   notamment,   permis   de   collaborer   à   l’hebdomadaire«!Réforme!». Dans un premier temps, Marie-Christine Bernard nous explique le contenu et le contexte dela laïcité «!à la française!», lancée à une époque où la majorité de la population était catholique ettous les protagonistes de cette loi imprégnés de culture catholique. Fortement combattue, au départ,par l’Église catholique, la séparation de l’Église et de l’État français a été , peu à peu, considéréepar tout le monde comme une bonne chose qu’entérina le Concile Vatican II.L’auteure poursuit en analysant le rôle prépondérant joué, depuis longtemps, par les clercsau sein de l’Église, rôle qu’ils doivent uniquement au sacrement de l’ordination et non à leurscapacités  personnelles. Ils   ne sont pas   des  hommes   comme les   autres,  c’est   un  état   d’esprit,largement partagé par les fidèles. Tout est mis en œuvre pour qu’ils soient ainsi perçus.Pour Marie-Christine Bernard, le cléricalisme  existait au temps de Jésus. Il s’appelait!:Scribes, Pharisiens, Grands Prêtres, ils étaient des spécialistes du Très-Haut. Ils avaient réponse àtout. Jésus les combattit (et réciproquement) jusqu’à la mort.L’existence humaine propre à chaque personne est le lieu même de la Révélation de Dieu. Ilfaut cesser d’externaliser sur des rites religieux le soin de nous relier à l’essentiel ( à l’origine, ànous, à Dieu), il faut reprendre en mains nos vies. La religion n’a pas à gérer le divin, mais à offrirles conditions pour que chacun en face l’expérience. Cette intuition n’a jamais cessé de palpiterdans l’Église. La vie religieuse en est un exemple, c’est une réponse à la prétention cléricale.L’auteure fait le lien entre cette vie consacrée qui s’est développer dans l’Église, la Réformeprotestante, les lois de séparation de 1905 et Vatican II!: un grand mouvement de sécularisation. Ceterreau   qui   a   permis  aux   lois   sur   la   laïcité  d’émerger   est   porteur   d’une   théologie   implicite.Scientisme, Positivisme, Philosophie critiques (Marx, Nietzsche, )sont autant de feux qui avertissentles croyants des dangers habituels des religions!: manipulation des consciences, fondamentalisme,littéralisme, obscurantisme.La sécularisation a émergé et s’est installée dans la suite logique de ce mouvement deChrétienté, puisque le Christianisme portait en lui-même le principe de son propre dépassementreligieux, l’exigence de laïcité de l’État n’en est qu’une étape.Tout ceci «!repose Dieu!». Dieu se repose parce qu’il n’est plus convoqué à tout-va. Dieu serepose aussi parce qu’il n’est plus prisonnier d’institutions cléricales qui prétendent parler en sonnom.Enfin, Dieu se «!re-pose!» (se repositionne) dans un horizon de liberté.Paul Claudin
 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article