La spiritualité réunit deux sources en un seul mouvement, celui de l’identité véritable. Ces deux sources sont d’une part, la source immanente, comme si l’être même du sujet surgissait, sortait de l’ombre et d’autre part la source transcendante intervenant d’ailleurs. Le sujet veut devenir lui-même, réaliser l’épanouissement de son être. Ce « devenir de soi » passe par un certain dessaisissement de soi. Il abandonne son désir de s’auto contrôler. Il s’abandonne, fait vivre une véritable dissolution  du masque de sa personne. On peut parler effectivement de masque car la personne est le résultat de toutes les identifications faites au cours de la vie, des rencontres qui ont marqué. La personne est la construction faite de toutes ces identifications qui ont donné un rôle que l’on finit par prendre comme son identité. Quand le masque tombe, simplement du fait que le sujet s’abandonne à ce qui le dépasse, il laisse s’épanouir cet être qui l’habitait. Cet autre n’est que le moi qui ne parvenait pas à devenir lui-même, à dire « je ». Cette réalisation de soi est en accord avec la volonté divine, avec l’être même. Le salut consiste en une auto réalisation personnelle. Le sujet ne dépend plus seulement d’une grâce descendant du ciel. Il a simplement renoncé à faire survivre le masque qu’il avait petit à petit pris pour son identité, pour le personnage de sa propre personne.

Le psychanalyste, ou celui qui écoute et auquel il fait  confiance parce qu’il lui tend la main, ne me dit pas qui je suis, qui je dois devenir ni ce que je dois faire ou non. Il me permet de m’écouter moi-même, de laisser naître et vivre cet être que je suis mais que je ne connaissais pas. Je prends alors conscience de qui je suis en vérité. Je découvre quel peut être le sens de ma vie. C’est le miracle qui se produit à chacune des rencontres qui se font avec Jésus ou avec un de ses relais.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article