La question de l’avenir du christianisme se pose. Par quelles étapes est-on passé de l’animisme à l’ultra modernité ? C’est par le passage de la religiosité de l’antiquité à la modernité que l’on a quitté le théisme pour adopter le déisme des philosophes du dix-huitième. A suivi la thèse de la mort de Dieu, la crise sociale, les trente glorieuses. Une épuration du catéchisme de notre enfance s’imposait.

Une dose d’agnosticisme a enrichi la réflexion en permettant de prendre conscience que la présence divine pouvait avoir des sources immanentes et non plus seulement « célestes ». Enfin la référence à quelques théologiens tant protestants qu’anglicans ou catholiques ont permis de poser quelques bases à un renouveau attendu du christianisme.

La réflexion partagée avec les lecteurs pourra donc se poursuivre sur le blog <évangile et liberté en Isàre > Voici un petit inventaire des titres possibles pour parler de Dieu : « Les différents visages de Dieu », « Dieu au fil du temps », « Les mutations de Dieu », « De la naissance  de Dieu à sa mort », « Et si Dieu insistait ? ».

Depuis près d’un demi-siècle, la conception que l’on avait du monde a été bouleversée. Ce n’est pas la seule fois que la conception que l’on peut avoir du monde interfère avec l’idée que l’on peut se faire de Dieu. Jésus lui-même pensait sans doute que la terre était plate, que Dieu se tenait au ciel et Satan sous terre. Croyait-il que la terre fût bien le centre du monde ? C’est vraisemblable.

Plus tard, Copernic, Galilée, Descartes entre autres ont posé les bases d’une autre vision du monde et par conséquent de Dieu. Néanmoins l’étudiant en théologie que j’ai été gardait toujours en tête l'idée que Dieu pouvait intervenir à ma demande pour arranger par miracle mes petites affaires si besoin était. J’avais donc, à peu de chose près, la même idée du monde et de Dieu que les théologiens du troisième et du quatrième siècle.

Et voilà que cette vision d’un monde dépendant d’une puissance céleste avec laquelle je pouvais dialoguer entre un « je » et un « toi », a complètement disparue. J’ai découvert que je n’étais de loin pas le seul à avoir des doutes sur les formulations du catéchisme de mon enfance. Je ne pouvais rester muré psychologiquement dans l’univers qui était le mien il y a 50 ou 70 ans.

Pourquoi avoir tant tardé ? Par sécurité peut-être. Cela s’explique puisque nous sommes dans un monde très inquiétant en plein bouleversement et dont l’avenir est très incertain. Girri rappelle[1] que la lunette de Galilée » est venue perturber un ordre ancien. Cette lunette montrait que l’univers était bien plus grand que ce que l’on avait cru et qu’il n’existait pas de voûte céleste, ni de demeure située dans un au-delà où résidait Dieu, entouré de ses anges et de ses archanges.

Girri ajoute : « La crise s’est traduite par deux mouvements allant en sens contraire. L’un est l’apparition du protestantisme libéral qui cherche à s’adapter aux changements en réexaminant l’interprétation des textes fondamentaux et l’autre, celle du fondamentalisme qui s’appuie sur une interprétation littérale des mêmes textes ». Comme le disait Tillich, le grand théologien mort en 1965 : « les Églises chrétiennes ne peuvent plus continuer à vivre comme elles l’ont fait jusqu'ici.

Ce que je condamne particulièrement, c'est une prédication qui ne touche plus les gens, un mélange de foi et de superstition […]. Dans ce sens, oui, notre époque est celle de la fin d'un monde. Et si les Églises s'accrochent à toutes ces choses dépassées, ce sera, dans une certaine mesure, leur fin. Elles seront repoussées dans un coin et vivoteront d'une existence marginale sur le flanc de la civilisation. » Il ajoutait: «Mais par ailleurs, nous ne sommes pas dans une ère post chrétienne parce que je considère que l'apparition de Jésus comme Christ, comme  porteur de la Parole de Dieu, demeure au centre de l'histoire humaine et rien ne peut aller contre ce fait ».       

Changer notre vision du monde conduit à modifier la conception que l’on pouvait avoir de Dieu. Et changer l’idée que l’on pouvait se faire de Dieu conduit obligatoirement à changer la conception que l’on peut avoir de l’homme, de sa place dans l’univers, du sens de sa vie…et donc aussi du christianisme.

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