Aimer

Aimer c’est aller à la rencontre de l’autre. Mais je ne le connais pas. Je crois le connaître. Je m’en fais une idée. C’est cette idée que je m’en fais que j’aime. Je crois le connaître. C’est une erreur. En fait l’autre m’est parfaitement inconnu. Je n’habite pas sa conscience, ses sentiments. Son visage est celui du tout autre. Je ne ressens pas ce qu’il ressent. Il n’est pas un autre moi-même. Si je croyais à la caractérologie je dirais peut-être que d’après la forme de son visage c’est par exemple un « émotif, actif, primaire » et donc, d’après Corman, c’est un colérique J’en déduirai alors son comportement, ses aptitudes.

Une chose

J’en ferai une chose. Je prétendrai dire quelle est son essence. En fait, en tant que personne, il me sera parfaitement inconnu. Il me transcende. Il me renvoie à moi et me permets peut-être de dire qui je suis. Lévinas dit que le visage de l’autre est une passerelle vers le tout autre. Autrui échappe à ma prise. Il n’est pas réductible à ce que j’en vois.

L’éthique

L’accès à autrui me place dans une situation éthique. Autrui me met à ma place. Je ne suis plus dans l’ordre de la réciproque, de l’échange de bons services ou de bons procédés. Autrui m’oblige à répondre de lui  J en suis responsable. Cette responsabilité m’engage, m’implique. « J’engage qui je suis en regardant l’autre.

Responsable

C’est moi qui suis redevable d’autrui, et au-delà,  de l’humanité » Cette responsabilité prime sur la liberté. Si l’eau vient à manquer et que je dispose d’une source, je ne suis plus libre de tout utiliser. Je dois partager car je suis responsable de l’autre. 

Note d’après « Pour comprendre Lévinas » de C. Perruchon

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