La réalité de Dieu

Serge Soulié a expliqué dans un livre, « La fin d’une religion », comment il a pris conscience que toute définition, toute représentation de Dieu ne correspondait en rien à la réalité de Dieu. Ce Dieu dont nous prétendons dire qui il est, dit-il, n’existe pas. Nous le créons et nous l’inventons ; Il est présent sous forme d’une projection humaine. A croire que si les chevaux avaient une religion disait un penseur, leur Dieu serait un cheval ! C’est la raison pour laquelle Soulié avait fini par adopter l’hypothèse de Spinoza en cessant de croire en un dieu qui n’existe pas. En effet Spinoza définit Dieu comme une totalité. Il n’est pas panthéiste. Dieu n'est pas dans la nature mais pour lui, il est la nature. 

Un espace infini

Dès lors on ne se pose plus la question de savoir pourquoi Dieu n’intervient pas pour sauver les gens du malheur, pourquoi il n’exauce pas leurs prières et ne combat pas les injustices. Dieu n’est pas agissant. Il est un lieu, un espace infini, comme l’air qui nous entoure, dans lequel nous vivons. S’inspirant de Freud, Soulié fait l’analogie entre ce qui se passe entre un embryon et sa mère durant la gestation et les êtres humains. L’enfant avant même sa naissance est porté par les mots prononcés dans son entourage. Il est présent dans l’inconscient de ses parents. Il ne fait pas la différence entre lui et cet « autre » maternel. Pour lui, sa mère et le monde ne font qu’un. Le père va être la personne qui interviendra pour séparer l’enfant venu au monde de sa mère. Le «monde-mère » peut-on dire et l’enfant ne font qu’un. Le « monde-mère » est infini comme l’est la nature, matrice dans laquelle naît et baigne l’être humain. Le divin est le terreau dans lequel apparait l’homme.

Libérer l’être humain

La religion retenait l’homme, l’empêchait de se lever, de s’émanciper comme le faisait sa mère pour l’enfant qu’elle cajolait avant que le père n’intervienne pour les séparer et donner son autonomie à l’enfant. Á l’image du père, le Christ intervient pour libérer l’être humain de la religion, pour éviter que la religion ne devienne une idole. Bref ! nous rende autonomes. Ce à quoi l’homme ne se résigne pas plus facilement. que le nourrisson à sa mère.

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